L’accord entre Vladimir Poutine et Kim Jong-un suscite l’inquiétude des pays occidentaux quant à une éventuelle aide de la Russie au programme nucléaire de la Corée du Nord.

Le président russe, Vladimir Poutine, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, ont signé un pacte de défense mutuelle, intensifiant ainsi les inquiétudes occidentales quant à un éventuel soutien de la Russie aux programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord.

Cet accord, décrit par Kim comme une “alliance”, comporte une clause de défense mutuelle qui oblige chaque nation à aider l’autre en cas d’attaque. L’accord, consolidé à l’issue de longues discussions à Pyongyang, renforce les liens économiques et militaires entre les deux pays et suscite l’inquiétude de l’Occident quant à une éventuelle aide russe aux initiatives de Pyongyang en matière d’armement.

Selon NBC News, les services de renseignement américains suggèrent que la Russie pourrait fournir à la Corée du Nord des sous-marins nucléaires et des technologies de missiles balistiques en échange de fournitures militaires pour le conflit en Ukraine. Ce soutien pourrait potentiellement aider la Corée du Nord à atteindre son objectif de déployer un sous-marin capable de lancer des missiles à tête nucléaire.

La portée exacte du soutien de la Russie n’est pas claire, mais on craint qu’il ne s’étende aux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) ou aux missiles balistiques à courte portée que la Corée du Nord aurait fournis à la Russie. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est dit préoccupé par le soutien que la Russie pourrait apporter à la Corée du Nord, notamment en ce qui concerne les programmes nucléaires et de missiles.

Des responsables américains, dont la sous-secrétaire d’État Bonnie Jenkins, ont indiqué que la Corée du Nord cherchait à obtenir de la Russie des technologies militaires avancées, telles que des avions de chasse et des équipements de production de missiles balistiques. Les experts avertissent que toute aide directe aux programmes d’armement de la Corée du Nord marquerait un changement important dans la politique russe depuis la fin de la guerre froide, en grande partie motivée par les besoins de la Russie sur le champ de bataille ukrainien.

James Acton, de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, note que la Russie pourrait désormais considérer une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire comme une réalité inévitable et pourrait passer d’une opposition à la prolifération à un soutien à la Corée du Nord en échange d’une aide militaire. Toutefois, le soutien direct au programme nucléaire de la Corée du Nord reste incertain, la Russie étant plus susceptible d’apporter son aide en matière de technologie des missiles et des sous-marins.

Alexander Gabuev, directeur du Carnegie Russia Eurasia Center, a souligné l’importance de l’aide potentielle pour les programmes spatiaux et de missiles de la Corée du Nord, qui sont directement liés aux vecteurs nucléaires.

Les détails exacts de l’accord de sécurité n’ont pas été divulgués, mais M. Poutine a affirmé que le partenariat prévoyait une assistance mutuelle en cas d’agression. Il a qualifié le pacte de “défensif”, soulignant le droit de la Corée du Nord à l’autodéfense et laissant entrevoir une coopération militaro-technique accrue.

M. Kim a qualifié l’accord de “traité le plus solide jamais conclu” entre les deux nations, élevant leur relation au rang d’alliance stratégique qui favoriserait une coopération politique, économique et militaire plus étroite. Il a affirmé que le pacte accélérerait la création d’un “nouveau monde multipolaire”.

La visite de M. Poutine, la première en Corée du Nord depuis 24 ans, a été suivie de près par les États-Unis et la Corée du Sud. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a fait remarquer que la visite de M. Poutine soulignait les tentatives désespérées de la Russie de renforcer ses relations avec les pays susceptibles de soutenir sa guerre en Ukraine. Il a également souligné le soutien important de la Corée du Nord à la Russie en matière de munitions et la fourniture d’armes iraniennes, y compris des drones utilisés contre des civils.

Le sommet des dirigeants s’est achevé par un échange de cadeaux et une promenade cérémoniale à travers Pyongyang, renforçant ainsi les liens entre les deux pays dans un contexte de surveillance mondiale. Au fur et à mesure que le paysage géopolitique évolue, les implications de ce pacte continueront à se faire sentir, affectant la sécurité internationale et les relations diplomatiques.

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